Edito du Président
Francois Turcas
Retraites : un problème de seniors ?
C’est reparti... un nouveau marathon de négociation sur les retraites est ouvert. Ce n’est pas le premier puisqu’un large processus de réforme est engagé depuis plus de 15 ans, qui a conduit notamment à l’adoption de la loi de 2003 dite Fillon. Il reste pourtant à faire pour poursuivre l’action !
Cette négociation, la CGPME y participe avec des idées claires et des positions affirmées mais aussi une nécessaire ouverture d’esprit et de vraies convictions.
Nous sommes ainsi déterminés à continuer dans la voie de l’augmentation progressive de la durée de cotisation nécessaire pour bénéficier d’une pension de retraite à taux plein.
Nous souhaitons également aligner les règles applicables aux salariés des fonctions publiques et des régimes spéciaux sur celles applicables aux salariés du secteur privé, notamment en matière de calcul de la pension.
Nous voulons aussi souligner, même si le débat de 2010 porte sur les régimes de retraite de base, notre attachement aux régimes de retraite complémentaires, gérés paritairement, qui doivent pour nous rester autonomes. De même il conviendra selon nous de réaborder dans un proche avenir la question du développement du troisième étage de retraite par capitalisation.
Voilà quelques pistes de progrès pour faire face aux déficits prévus, aux besoins futurs des français et à la situation délicate des régimes par répartition.
Il est cependant au cœur même de cette problématique, une autre question que l’on évoque peu dans le débat actuel mais qui est fondamentale : l’emploi des seniors.
Certes, le Comité d’Orientation des Retraites a déjà souligné dans son récent rapport combien le taux d’emploi des seniors pèsera sur les résultats et les solutions adoptées. En effet, comment décider un allongement de l’activité, si les classes d’âges concernées sont dès la cinquantaine passée, peu ou prou privées d’emploi ? C’est malheureusement le cas en France où près de la moitié des 55-59 est inactive, pas par choix mais par obligation.
Notre pays a battu dans ce domaine de tristes records : par mode, par distraction, par inconséquence, nous nous sommes collectivement faits les apôtres d’un « jeunisme » dévastateur qui laisse sur le bas côté des hommes et des femmes d’expérience, proprement (ou salement) exclus alors que beaucoup n’aspirent qu’à travailler.
Nous devons agir vite et fort pour enrayer cette discrimination stupide et contre productive. Depuis quelque temps, des mesures sont prises en faveur des seniors, bien modestes et bien insuffisantes. Il nous revient alors d’agir en responsables et de mener à notre niveau une véritable révolution comportementale.
C’est là le défi crucial pour l’avenir, qui sera aussi la marque de notre humanisme de proximité et manifestera sans ambigüité un urgent retour à la raison indispensable à notre société toute entière.
François TURCAS
Président CGPME du Rhône

