Les entreprises face à la crise

La perception des entreprises de la région lyonnaise face à la crise pour le 1er trimestre 2009 est difficile, mais contrastée.

Une centaine d’entreprises de la région lyonnaise, tous secteurs confondus, représentatives de l’industrie, des services à l’entreprise, du commerce de gros, du commerce de détail et des services à la personne ont été interrogées du 8 au 12 janvier 2009 sur leur perception de la crise financière. 

Ce baromètre mis en place par la CCI de Lyon depuis le mois de décembre 2008 laisse entrevoir un 1er trimestre 2009 en demi-teinte. 

Quelques éléments d’optimisme
- Tendances du chiffre d’affaires : par rapport au baromètre de décembre 2008, il est à noter une légère amélioration des perspectives de stabilité ou de hausse de C.A. : 57% pour le trimestre en cours contre 55% en décembre. Toutefois, il est intéressant de constater que même si 37% des entreprises craignent une baisse de leur C.A. en début d’année, seuls 30% pensent que leur C.A. devrait baisser sur l’ensemble de l’année 2009. 
- Evolution de l’emploi : 79% des entreprises interrogées pensent maintenir ou augmenter leurs emplois au cours du premier trimestre 2009, contre 70% en décembre 2008. A noter que 11% des entreprises industrielles, de services à l’entreprise et de commerce de gros prévoient une hausse de leurs effectifs. Pour les entreprises qui pensent réduire leurs effectifs, cette réduction se traduira à 75% par le non-remplacement des départs ou la non-reconduction des CDD et contrats d’intérim. 
- Relation avec les banques : entre décembre 2008 et janvier 2009, stabilité des entreprises ne constatant pas de dégradation de leurs relations avec leur banque (80%). Toutefois, pour les 20% constatant une dégradation, le motif « hausse des garanties demandées » explose, exprimé par 82% des entreprises contre 25% en décembre 2008. 

Quelques perspectives se dégradent 
- Embauches prévues : progression des entreprises ne prévoyant pas d’embauche au cours du 1er trimestre : 80% contre 62% en décembre. Il faut cependant distinguer les entreprises émanant du commerce de détail et des services à la personne dont 15% seulement avaient prévu d’embaucher et 33% maintiennent ces projets, alors que pour les 22% d’entreprises industrielles, de services à l’entreprise et de commerce de gros ayant prévu d’embaucher, 79% maintiennent ces projets.
- Investissements : 25% des entreprises maintiennent leurs investissements, contre 32% en décembre. A nouveau, les annulations ou reports d’investissements sont plus la conséquence d’une baisse de perspectives d’activité (7% contre 9% en décembre) que de la baisse réelle d’activité (3% contre 5% en décembre). Cette tendance est d’autant plus forte pour les entreprises industrielles, de services à l’entreprise et de commerce de gros pour lesquelles le motif de la baisse des perspectives d’activité est 3 fois plus important que pour le commerce de détail et les services à la personne. 
- Trésorerie : 76% des entreprises interrogées estiment que leur trésorerie est satisfaisante. Toutefois, on peut constater une augmentation du nombre des entreprises exprimant une trésorerie difficile, voire très difficile : 22% contre 17% en décembre. Pour ces dernières et notamment les entreprises industrielles, de service à l’entreprise et de commerce de gros, les 3 principales causes exprimées à part égales sont la baisse du délai de règlement fournisseur (29%), l’augmentation du délai de règlement client (28%) et la baisse de C.A. (28%). 

Les CCI mobilisées pour traiter les appels du médiateur de crédit
Pour permettre aux entreprises confrontées à des difficultés du fait de la crise financière de bénéficier au mieux du dispositif de la médiation du crédit, le secrétaire d’Etat aux entreprises, Hervé Novelli et le médiateur de crédit, René Ricol, viennent de reconnaître aux CCI la qualité de « Tiers de confiance de la médiation ». Les CCI sont donc habilitées à intervenir aux côtés des entreprises en difficulté dans le cadre d’un appui individualisé et gratuit. Par ailleurs, les CCI de Lyon, Marseille, Nice et Paris se sont mobilisées afin que leurs plateformes téléphoniques respectives soient en mesure de traiter les appels nationaux destinés au médiateur de crédit. Chaque entreprise pourra ainsi obtenir les informations nécessaires et les coordonnées des « Tiers de confiance » les plus proches dans son département. 

Les experts de la CCI de Lyon en appui du médiateur de crédit Sur simple appel téléphonique au 0 821 231 251 (0,12 €TTC/mn), tout chef d’entreprise confronté à des difficultés du fait de la crise financière pourra désormais être mis en relation avec l’expert de la CCI le plus à même d’intervenir à ses côtés pour l’aider à préciser ses besoins et rendre plus efficace l’intervention du médiateur. Forte de sa neutralité, de son expertise, notamment à travers sa "brigade d’intervention rapide" constituée de 8 conseils-experts et de son réseau économique local, la CCI de Lyon s’engage, dans la cadre de la charte du tiers de confiance de la médiation à : 
- accompagner les chefs d’entreprise dans la résolution de leurs difficultés de financement et de trésorerie,
- les aider en fonction de leur besoin à saisir le médiateur du crédit,
- les orienter vers les interlocuteurs susceptibles de les aider à résoudre leurs difficultés.