La conjoncture en mai 2009

La tendance est toujours au recul de l’activité, mais selon un rythme qui poursuit sa décélération.

"Globalement, l’activité économique de Rhône-Alpes ne se dégrade plus aussi fortement qu’en début d’année 2009 : un constat encourageant mais qui ne permet en aucun cas de déduire que la crise pourrait avoir touché un point bas. Ca va moins mal, mais la prudence et la sagesse doivent prévaloir" prévient Jean-Paul Mauduy, président de la CRCI Rhône-Alpes. "Si les entreprises doivent continuer à rester concentrées sur l’essentiel et à se battre pour faire face aux difficultés, je crois cependant qu’elles sont aujourd’hui en train de recueillir les fruits des efforts considérables que leurs patrons et leurs équipes ont fait et font encore. Je suis aussi persuadé que les effets des différents plans de relance commencent à se faire sentir" poursuit-il.

Avril 2009 : confirmation de la tendance à la moindre dégradation de l’activité
En avril la part des TPE/PME ayant enregistré un recul de leur chiffre d’affaires sur un an est à nouveau en repli : une majorité de TPE/PME a ainsi enregistré un chiffre d’affaires stable ou en hausse ce qui n’avait pas été le cas depuis décembre 2008.
Cette évolution positive reste toutefois à nuancer dans la mesure où :
- c’est la part « chiffre d’affaires stable » qui progresse et non la part « à la hausse »,
- plusieurs entreprises annoncent encore des reculs très importants de chiffre d’affaires sur un an (parfois supérieurs à 40 %), d’autres signalant toujours de fortes pressions sur les prix du fait d’une intense concurrence.
Dans le commerce de détail, 32 % des entreprises ont enregistré une hausse de chiffre d’affaires et 38 % une baisse. Dans l’informatique/tertiaire supérieur, les entreprises ayant enregistré un chiffre d’affaires stable ou en hausse restent largement majoritaires (59 %), mais avec une montée de la part de celles dont le chiffre d’affaires est stable. Dans le commerce de gros, le bilan apparaît un peu moins dégradé que le mois dernier. Dans le transport/logistique, il apparaît moins sombre que celui de mars. En revanche, dans l’industrie, le ralentissement de la dégradation enregistré le mois dernier ne se confirme pas. Le bilan apparaît également plus dégradé dans le BTP avec une baisse pour 53 % des entreprises. La dégradation s’est également poursuivie dans l’hébergement touristique/restauration.

Le niveau de mobilisation des facteurs de production s’est sensiblement amélioré : 58 % de TPE/PME déclarent ne pas être confrontées à une sous-utilisation de leurs ressources (outils de production, collaborateurs…). Une situation qui peut être la conséquence de l’orientation moins défavorable de l’activité mais aussi de l’ajustement des facteurs de production opéré ces dernières semaines. Cette amélioration est enregistrée dans le BTP, le commerce de gros, l’informatique/tertiaire supérieur. C’est aussi le cas dans le transport-logistique où néanmoins le niveau d’entreprises confrontées à une sous-utilisation des ressources reste très élevé. Dans l’industrie, le constat est mitigé. S’il y a un peu plus d’entreprises pour lesquelles l’utilisation des capacités de production est normale (38 %), celles pour lesquelles les capacités de production sont largement sous-utilisées sont aussi plus nombreuses (35 %).

Les perspectives à 3 mois sont meilleures…
Tous secteurs confondus, 46 % des TPE/PME, contre 51 % début avril et 56 % début mars, s’attendent à une baisse de chiffre d’affaires au cours des trois mois à venir par rapport à la même période de 2008. Comme le mois dernier, le recul de la part « à la baisse » est compensé par une augmentation de la part « stable ». Cependant, le solde entre les réponses « à la hausse » et les réponses « à la baisse » continue de se redresser. L’industrie, le commerce de gros, le transport, les entreprises liées au marché automobile restent les secteurs pour lesquels les perspectives à trois mois sont les plus défavorables. Elles s’améliorent dans le commerce de détail et le tertiaire supérieur. Dans le BTP, la part des entreprises qui s’attendent à une stabilité du chiffre d’affaires progresse sensiblement. C’est aussi le cas dans le tourisme et l’immobilier. Les perspectives apparaissent moins fortement dégradées dans le transport. Dans l’industrie, on note à la fois une progression des perspectives « à la hausse » et des perspectives « à la baisse ».

… celles à un an moins pessimistes
Globalement, 55% des entreprises – en recul de 6 points - s’attendent à un recul de leur chiffre d’affaires en 2009. La part des entreprises qui anticipent une stabilité progresse : + 5 points. L’industrie apparaît un peu moins pessimiste (perspectives de baisse pour 63 % des entreprises, soit - 7 points), ainsi que l’hébergement touristique/restauration et le commerce de gros. La tendance est aussi à l’amélioration dans le commerce de détail (prévision de hausse du chiffre d’affaires pour 27 % des entreprises et de stabilité pour 46 %). Dans l’immobilier et l’informatique/tertiaire supérieur, la part des entreprises qui s’attendent à une baisse de chiffre d’affaires est aussi inférieure à 50 %. Pour ces secteurs, c’est la part des entreprises qui s’attendent à la stabilité du chiffre d’affaires qui progresse. Dans le BTP, la part des entreprises prévoyant une hausse de chiffre d’affaires recule.

Emploi : la tendance reste défavorable mais le rythme de dégradation ralentit
Début mai, 70 % des entreprises annoncent la stabilité de leur effectif pour les trois mois à venir (+ 5 points). Le reste des entreprises se partage entre des perspectives à la baisse pour 19 % des entreprises et à la hausse pour 11 %. Le solde demeure donc négatif, mais il se redresse.

Investissement : pas d’inversion de tendance
La proportion d’entreprises qui avaient initialement des projets d’investissement pour les mois à venir est en baisse, mais ces projets sont par contre plus fréquemment maintenus. De ce fait, la proportion d’entreprises qui va engager des investissements dans les trois prochains mois est pratiquement stable (29 %). En ce qui concerne les perspectives d’investissement pour l’année 2009, près d’une entreprise sur deux anticipe toujours une baisse. Les secteurs les plus pessimistes en la matière, sont l’industrie, le commerce de gros, l’hébergement touristique/restauration et le transport.

Stabilité pour les difficultés de trésorerie
Tous secteurs confondus, toujours près des deux tiers des entreprises considèrent que leur situation de trésorerie est satisfaisante. La trésorerie est jugée difficile par 31 % des entreprises et très difficile par 5 %. C’est toujours dans l’industrie que les difficultés de trésorerie sont les plus fréquentes (49 % des entreprises, et 57 % pour les industries travaillant pour l’automobile) et leur nombre est en hausse. Il y a aussi une progression des difficultés dans le commerce de gros. Inversement, les difficultés sont un peu moins fréquentes dans le BTP.

Relations avec les banques
La part des entreprises qui disent ressentir actuellement une dégradation des conditions de financement par les banques se tasse légèrement (16 %).


Tous les résultats détaillés des 6 panels publiés sont disponibles sur : http://www.rhone-alpes.cci.fr/economie/projecteur/conj-panel0509.php