Top 14 à Lyon : Perpignan ira au stade de France
C’est dans un stade de Gerland quasiment acquis à sa cause que le club perpignanais est venu gagner son ticket pour le Stade de France. Un match, des couleurs et une vie.
La Ligue Nationale de Rugby a entamé, depuis quelques années, la décentralisation des demi-finales du Top 14 pour le plus grand bonheur des supporters et amateurs de rugby français. Le vendredi soir, la première des deux rencontres se disputait au Stade Chaban-Delmas à Bordeaux qui a vu la victoire surprise de l’Asm de Clermont face au Stade Toulousain. Le samedi 30 mai, c’est sous un soleil estivale que l’Usap a défait le Stade Français devant un parterre de "Rouge et Or".
On est saisi dès l’entrée dans l’arène. Au virage sud quelques drapeaux rose et bleu, symbole d’un Paris éternel mais, tout autour de ces 4.000 fans, ce ne sont que des oriflammes rouge et or qui illumine, comme si il en était besoin, le stade de Lyon. Les chants catalans, une ambiance particulièremenht chaude et un soutien inconditionnel aux méditéranéens à véritablement transformé Gerland en une succursale de Perpignan.
L’Usap a renversé pour la première fois depuis l’ère professionnelle le Stade Français en phase finale au terme d’une rencontre intense qui permet au club de retrouver le Stade de France cinq ans après sa dernière finale. Devant plus de 20 000 catalans déchaînés qui ont porté leur équipe quatre vingt minutes durant, les sang et or ont confirmé leur statut de leader de la phase régulière en menant toute la partie au score face à des Parisiens toujours aussi difficiles à jouer sur ce genre de match. La première mi-temps fut en effet d’une âpreté rare dans les rucks et le combat en conquête obligeant Mr Garcès à user un peu de trop du sifflet devant l’hécatombe de fautes au sol. A ce petit jeu, Porical et Beauxis firent match nul dans leurs tentatives mais l’arrière Catalan eut le grand mérite d’être aussi à la conclusion d’un mouvement d’école des trois quarts sang et or, faisant se lever le Stade Gerland tout entier. L’Usap avait donc su prendre le score à la mi-temps tout en donnant déjà l’impression d’une plus grande ambition dans le jeu que son adversaire. Le début du second acte confirmait vite la tendance sur un exploit aérien de Maxime Mermoz à la réception d’une énorme chandelle de Gavin Hume, l’ancien toulousain s’offrant une joie démonstrative devant la tribune entièrement catalane en liesse. Mais Paris comme toujours réagissait en grande équipe et Beauxis refroidissait immédiatement tout le monde en s’échappant seul, suite à une récupération de Marconnet pourtant en position flagrante de hors-Jeu. Le demi d’ouverture du XV de France ajoutait un but dans la foulée pour remettre complètement son équipe dans le match.
Sans s’affoler, les catalans remettaient alors de l’ordre dans leur jeu et une nouvelle action collective des trois quarts sang et or balayait deux fois le terrain dans la largeur pour une conclusion d’orfèvre avec une passe au pied de David Marty pour le finisseur Candelon, toujours devant le pan de tribune entièrement acquise à l’Usap. Une nouvelle banderille mais toujours pas de mise à mort pour des Parisiens qui une fois de plus se faisaient un malin plaisir de rendre les dix dernières minutes suffoquantes à Gerland grâce à un essai en coin de Parisse relançant à nouveau les hommes de la capitale. Dans un dernier effort défensif, l’Usap ne lâchait plus rien jusqu’au dernier en avant de Bastareaud délivrant tout un peuple qui peut désormais réver de ramener à nouveau le bouclier en Catalogne.
Les équipes :
Usap : Porical, Sid, Marty, Mermoz (Grandclaude 75), Candelon, Hume, Durand (Mélé 77), Le Corvec (Britz 67), Chouly, Perez, Olibeau, Alvarez-Kairélis (Vilaceca74), Mas (cap), Tincu (Guirado 56), Freshwater (Pulu 58)
Stade Français : Beauxis, Gasnier, Bastareaud, Liebenberg (Messina 64), M. Bergamasco (Jeanjean 56), Hernandez, Albouy (Oelschig 53), Rabadan (cap) (Parisse51), Leguizamon, M. Bergamasco, Auradou (Marchois 48), Papé, Attoub (Roncero 29), Szarzewski (Blin 64), Marconnet (Attoub 72)
Ph. Gandelin

