Oyonnax / Lou : "Oyo" mate le Lou
Photo : Ph. Gandelin / APL (Archives)
Après le festival art et essais du Lou face à Colomiers, le derby à Oyonnax se présentait comme un moment de vérité sur cette saison. Quadruple enjeu sur ce match avec la première place pour les locaux, retrouver une place qualificative pour les lyonnais et le titre symbolique de champion du Lyonnais. Pour Gérald Gambetta et ses partenaires, il fallait aussi rendre la monnaie de sa pièce aux oyonnaxiens après la défaite concédée à Vuillermet. Tous les ingrédients sont réunis pour une rencontre à haute tension.
Dans un stade Charles Mathon complet (6 000 spectateurs), Pierre-Yves Montagnat ouvre le feu sur pénalité (5ème, 0-3). Les deux meilleurs buteurs du championnat vont-ils se disputer cette première place symbolique ? Silvère Tian répond à l'ailier du Lou et égalise (12ème, 3-3). Quatre minutes et une chandelle pratiquement anodine, facile, Romain Loursac se perce et offre un essai au capitaine Frédéric Charrier (8-3). Encore quatre minutes et Jean Maurice Oulouma aplatit la balle sur la ligne de ballon mort. Le juge d'en-but, sans hésiter, confirme l'essai. Les images prouvent l'erreur de jugement, mais le score enfle (13-3). Ce match se déroule sur des à coups. La mauvaise affaire est pour Gérald Gambetta. Le capitaine du Lou quitte ses coéquipiers sur une luxation de l'épaule droite (23ème). Malgré cela, après une succession de pick and go bien travaillé par les avants, Xavier Sadourny réussit un drop (29ème, 13-6). Sur cette première mi-temps, les lyonnais encaissent deux essais, sans passe, ne se procurent aucune véritable occasion, mais rentrent au vestiaire avec seulement un essai transformé de retard. Tout est possible.
La reprise est sous les ordres de Grégoire Silvan après le claquage de l'arbitre Mathieu Raynal. Mais rien ne va changer. Pénalité de Sébastien Bouillot (45ème, 16-6). Puis, pendant vingt minutes, nous allons assister à la stérilité chronique de l'attaque lyonnaise. Des initiatives individuelles menées souvent par Romain Loursac et Pierre-Yves Montagnat, toujours conclues par des fautes, des maladresses ou des mauvais choix. Et lorsqu' Oyonnax décide de reprendre le match en main, le Lou ne jouera pratiquement plus dans le camp adverse. Jérôme Naves marque l'essai du bonus offensif entaché d'un en-avant (66ème, 21-6), mais déjà, Raphaël Saint-André reconnaissait la supériorité des hommes de Christophe Urios. Ce derby restera dans les anales du Haut-Bugey. C'est la première fois que l'USO occupe, seule, la première place du classement et ce n'est pas immérité face à tant de réalisme et de sang froid dans la conduite d'une telle rencontre.
Quand au Lou, il retrouve la sixième place. Avec un match en retard face à la lanterne rouge Lannemezan, le président Yvan Patet peut espérer rejoindre le peloton de tête dès dimanche prochain. Mais la prestation de son équipe ne doit pas le rassurer. Le potentiel est présent, mais le collectif et le réalisme sont aux abonnés absents. Les lyonnais risquent fort d'aller de désillusion en désillusion si l'envie, la solidarité et le jeu ne reviennent pas vite. Oyonnax a maté le Lou. Mais le plus grand adversaire de Lyon est lui-même.
Ph. Gandelin
Les équipes
Lyon : Fiard (Castellina 49), Testa (Forrat 63), Kavitdze (Pale 57), Nauroy, Fakaté (Héhéa 70), Portier, N'Zi, Gambetta (Cap. – Mallier 23), (Salobert (Nicoud 57), Sadourny, Montagnat, Wakanivuga, Raffault (Galopin 70), Bailey, Loursac
Oyonnax : Rapant (Minassian 70), Merle (Tébani 63), Jgenti (Nuesta-Fosto 75), Nemecek, Fèvre, Laurent (Brignoni 70), Marth (Adamou 64), Naufahu, Authier (Campeggia 49), Guilloux (Bouilloux 40), Jérôme Naves, N'Goma, Charrier (Cap. – Vogt 63), Oulouma, Tian

