Stratégie de développement
Le 10 mars dernier, Michel Berthelier, professeur de stratégie à EMLYON Business School, a abordé un thème qui revêt une importance cruciale en cette période extrêmement difficile pour les PME : "Quelles stratégies de développement aujourd’hui pour les PME ? Quelles sont les voies à privilégier ? Quels sont les écueils à éviter ?"
Tout d’abord, un regard a été porté de nos voisins proches et leur profil PME : l’Italie avec une kyrielle de petites entreprises dont la force est de fonctionner en réseau, l’Allemagne avec son Mittelstand, c’est-à-dire un tissu de PME de taille intermédiaire (150/200 salariés) qui constitue le cœur de l’économie européenne et tire sa force de sa capacité à innover...
En France, le tissu PME se caractérise par un nombre d’entreprises en très grande majorité plutôt « petites » (- de 50 salariés), plutôt familiale, avec des savoir-faire certains mais souffrant de difficulté à se développer, à innover, à s’imposer face à la concurrence de ses voisins européens. Le macro-environnement de ces TPE et PME se caractérise aussi par une sensibilité exacerbée liée à une capacité de réaction limitée par la taille et le niveau de ressources (hommes - temps - finance).
Avant d’explorer les pistes de développement, il est indispensable d’effectuer un travail d’investigation, de prendre du recul et de se poser certaines questions que le patron de PME, pris dans une spirale où le temps est son ennemi mortel, range trop souvent dans son dossier « procrastination ».
"Quelle position est-ce-que j’occupe dans ma filière ? Quel est mon taux de dépendance par rapport à mes clients certes mais aussi à mes fournisseurs ? Quelle est l’importance de mes achats ? Quelle est ma différence, ma spécificité ? Mes savoir-faire, est-ce-que je sais les « faire savoir » ? Et l’innovation, quelle place tient-elle ? Et si, avec mes équipes nous prenions enfin un temps pour trouver des réponses, pour définir des objectifs de développement et construire l’avenir ? Parce que construire l’avenir c’est aussi anticiper les difficultés !"
Développement du marché, internationalisation, innovation sont les 3 principaux axes de développement s’inscrivant dans une stratégie de croissance. Chacun présentant des enjeux et des prises de risques différents (exemple : le développement de nouveaux marchés nécessite une parfaite connaissance de ceux-ci, une adaptation de la fonction commerciale, de la logistique, la maîtrise de nouvelles technologies... tout comme l’internationalisation impose une importante adaptation organisationnelle, managériale, financière...)
Et enfin, ont été abordées les modalités de la croissance. Le mode de croissance privilégié des PME et PMI reste la croissance organique, c’est-à-dire le développement interne, sur ses propres ressources. Elle vaut dans toutes les stratégies de développement (internationalisation, innovation, développement de marchés...).
Autre modalité, la croissance externe (prise de participation, acquisition, fusion), pratiquée pour acquérir rapidement une taille significative.
Et aussi une pratique relativement peu utilisée en France, l’alliance qui offre l’avantage d’un partage de risques, d’un accès à des projets irréalisables autrement, mais l’inconvénient aussi du risque de conflit de pouvoir....
"Entreprendre consiste à changer un ordre existant" fut la conclusion de l’intervenant emprunté à Schumpeter, économiste autrichien renommé, mais cela aurait tout aussi bien pu être l’introduction.

